Synthèse de l’étude sur les nouveaux modèles économiques urbains

L’origine de notre réflexion sur les nouveaux modèles économiques urbains repose sur deux constats. D’un côté, on assiste à un essoufflement du financement traditionnel de la production urbaine. Crise des finances publiques locales, hausse du coût d’investissement et/ou de fonctionnement des services urbains, contestation de la fiscalité locale, épuisement du recours à l’endettement… nombreux sont les facteurs qui viennent déstabiliser un financement de la ville historiquement supporté par l’impôt.

De l’autre, la ville est progressivement saisie par le numérique, cette évolution étant à la fois subi (« l’ubérisation » de la ville) et voulue (la smart city). Les tendances observées dans l’économie numérique tendent à se diffuser progressivement aux secteurs des services urbains. La révolution numérique ne se cantonne pas à l’économie immatérielle, elle agit aussi comme un puissant facteur de transformation de l’espace et des services urbains. Ce changement s’accompagne d’une complexification et d’une diversification des modèles d’affaire des opérateurs économiques. Par exemple ce qui était payant devient gratuit, et ce qui était gratuit devient payant.

Le croisement de ces deux constats distincts invite à repenser la question du financement de la ville et des services urbains. C’est tout l’objet de cette recherche, autour de la notion de « modèle économique urbain ». Apparue dans les sciences de gestion, cette approche permet de prendre du recul sur le débat budgétaire, en l’intégrant dans un questionnement plus large sur l’offre de service urbain et l’évolution des acteurs qui y contribuent. Elle vient mettre en lumière la diversité des sources de financement possibles. Elle conduit aussi à reformuler la problématique, en passant de la question du « comment ? » — les modalités de financement et de gestion des services urbains — aux questions du « qui ? » et du « quoi ? » — quels payeurs pour quelles propositions de valeur ? Le financement de la ville ne se réduit pas à une question technique, budgétaire et juridique. Il s’agit d’une question politique dont les implications sont à la fois sociales, économiques et environnementales.

Qui paiera la ville (de) demain ? Avec cette question, notre étude vise à analyser les transformations du financement des services urbains et à décrypter leurs implications sur les circuits de péréquation entre les différents types d’utilisateurs de la ville. Et ce, en combinant une entrée secteur par secteur avec une lecture plus transversale. In fine, ce travail a pour but d’aider les collectivités à faire face à ces mutations discrètes, voire à en tirer parti pour renouveler le financement de leur intervention.

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