Depuis plusieurs mois, nous travaillons avec l’Institut de la Ville Durable pour imaginer le profil des futurs opérateurs des services urbains.
Comment les secteurs des déchets, de l’énergie et de l’immobilier sont-ils transformés par la révolution numérique ?
Quel est le positionnement des nouveaux entrants et comment viennent-ils percuter les acteurs traditionnels ?
Face à ces évolutions, quel serait le portrait robot des opérateurs de demain ?

Cette réflexion collective menée par Isabelle Baraud-Serfaty (ibicity), Clément Fourchy (Espelia) et Nicolas Rio (Partie Prenante) s’inscrit dans le prolongement de la saison 1 de notre étude sur les nouveaux modèles économiques urbains. La première note sur l’économie circulaire est accessible sur le site de l’IVD. Elle revient sur les principaux facteurs de mutation du secteur et dessine cinq profils possibles des futurs opérateurs de l’économie circulaire. En voici quelques extraits.

L’opérateur d’économie circulaire sera-t-il…

1/ Un logisticien comme les autres ?

« A l’image d’un Geodis ou d’un DHL l’opérateur d’économie circulaire se focalise sur l’optimisation de la gestion de flux. Dans ce profil, les clients de l’opérateur ne sont plus la collectivité ou l’habitant mais l’industriel intégrant les ressources recyclées/valorisées dans le cadre de ses processus de production.

La proposition de valeur de l’opérateur consiste à garantir aux industriels la fourniture en temps et en heure d’intrants homogènes, « sourcés » localement, au meilleur prix. Ce qui suppose notamment d’être en capacité d’anticiper les volumes qui vont être disponibles auprès des « producteurs » de déchets, de garantir la qualité du tri et l’homogénéité des ressources collectées et de maîtriser les coûts de collecte et de livraison. »

2/ Une place de marché ?

« L’opérateur d’économie circulaire devient une plateforme de mise en relation dynamique de l’offre et de la demande de matériaux. En activant la multitude, il s’agit ainsi d’étendre la logique du Boncoin à l’ensemble des déchets, grâce à la massification des flux. Il s’agit donc d’un modèle biface, avec, sur une face, une transformation du déchet en matériau, et sur l’autre face, une transformation du matériau en ressource.

Les propositions de valeur sont plurielles : facilitation de la confiance entre offreurs et demandeurs, synchronisation temporelle, établissement de prix équilibrés, favorisation des circuits courts.  »

3/ Un animateur économique local ?

« Ce profil met l’accent sur les activités de réparation et de transformation liées à la diffusion de l’économie circulaire. La valorisation des « déchets/ressources » peut ainsi constituer un levier de développement économique et de sociabilité sur un territoire. S’inscrivant déjà traditionnellement dans l’économie sociale et solidaire (ESS), ces activités offrent des postes pouvant répondre aux capacités des catégories socio-professionnelles les plus défavorisées.

La proposition de valeur réside dans l’intensification des liens économiques et sociaux locaux. »

 4/ Un gestionnaire de l’espace public ?

On observe un rapprochement entre collecte des déchets et propreté urbaine, certains contrats performantiels associant les deux dans un objectif de désencombrement et de salubrité de l’espace public. D’autres secteurs d’activité appellent également de plus en plus une gestion de proximité et un usage optimal de l’espace public, comme l’énergie (facilitation de la production décentralisée et de l’autoconsommation, aide à la performance énergétique) ou la mobilité (logistique du dernier kilomètre, mutualisation du stationnement).

Dans cette logique, l’opérateur devient multisectoriel pour pouvoir animer un ensemble de services sur le domaine public à l’échelle d’un quartier afin d’en optimiser le fonctionnement. »

 5/ Un opérateur de la réduction des volumes ?

Dans l’économie circulaire, la tonne de déchets la meilleure est celle qui n’est pas produite. Dès lors, on peut imaginer un opérateur dont la proposition de valeur serait de s’engager à la réduction des volumes par catégories de déchets.

Sur le modèle de l’association Zero Waste, celui-ci pourrait s’appuyer sur la promotion/facilitation de la vente en vrac, l’animation de consignes locales, le développement d’une offre de conseil en écoconception, l’animation de plateformes d’échanges/de prêt/de réparation d’objets, etc. »

Cliquez ici pour lire la note en intégralité sur le site de l’IVD. Il s’agit d’un work in progress. N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos commentaires ou si vous souhaitez être associés à la suite de la réflexion.

Les deux autres notes sur les opérateurs de la performance énergétique et de l’immobilier serviciel seront publiées dans les semaines à venir.